10th April 199*
Littéraire
Colérique
Lunatique
Pathétique...
Funambule sur le fil de la vie, j'avance doucement, pas à pas... Je pose les armes, rends mes larmes et suis les épisodes dépressifs totalement ennuyants mais courants. Le TGV de la médiocrité n'a pas pris une minute de retard mais personne ne s'en rend compte, tout parait si insignifiant, tout le monde change? peut être pas tant que ça, inconsciemment sans doute... Tantôt colérique tantôt hystérique je fonce tête baissée vers l'inconnu(e)... J'ai peur de regarder derrière moi... oui c'est vrai je doute, je tremble je me pose tout un tas de questions inutiles... Le moindre geste peut être fatal... Pourquoi vouloir sans cesse ce que l'on a pas? Qu'est ce qui nous aveugle au point de tout confondre..? Prise dans le tumulte de nombreux passages à vide, j'attends avec impatience mon heure de gloire. Pourtant cette continuité qui se tisse entre le passé et l'avenir est si troublante, je me vois encore dans tes bras, si bien, tendrement, enlacée, rien ne pouvait m'arriver, tu me protégeais... Depuis je me protège, je me cache, je (me) fuis, je fuis les autres, j'oublie, je souris mais rien n'est totalement fini! Passé double, avenir trouble? Mais Arrête !! Tous posés là, immobiles, insensibles et naïfs comme si la vie ne nous concernait pas... Après tout c'est vrai pourquoi serions nous toujours obligés d'être au premier plan? Héros de l'action de notre vie, toujours à espérer un quelconque tour de magie... Elle se meurt dans cet entourage qui jours après jours défile, mais jamais elle ne s'en sortira? Jamais tu ne penses à moi? Séparation cruelle dans ce monde parallèle, y croire pendant quelques secondes, OUI, juste y croire, dans un autre monde. Par un hasard troublant, il se dresse là, loin de tout et proche de moi. Il faut que j'oublie... Je n'aime plus ma façon de vivre, l'individualisme, la lutte contre le temps alors dans ma bulle je me fonds discrètement dans la masse. On vit... comme des cons, de mille façons... on mange, on dort, on sort... encore et encore. Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent, on devrait faire confiance à la vie, oser y croire et rallumer les étoiles une à une s'il le fallait... Pouvoir tout effacer, oublier les promesses, recracher ce poison au gout de trahison. Ecouter, regarder, ressentir voilà donc l'essentiel? Ma douleur me fait comprendre que le véritable chemin nous mène vers l'intérieur... Je me tourne vers toi, mais face à cette obscurité si éblouissante tu ne me vois pas... Si un jour seulement je pouvais imaginer, l'inimaginable... Désormais il y a avant, maintenant et loin devant le néant!



